Véritables outils de l’autonomie progressive des étudiant·e·s dans leur parcours de créateurs, les ARC sont le lieu de la transition entre le premier et le second cycle. Accessibles dès l’année 3 ils permettent alors aux étudiant·e·s d’envisager le développement d’un projet sur le second cycle, d’en juger la pertinence, l’adéquation avec leurs aspirations, leurs modes de pensée et de production. C’est l’endroit de la problématisation des pratiques, là où la pratique artistique devient l’outil de la construction d’un rapport au monde.
Pour les étudiant·e·s inscrit·e·s dans le cycle long, en 4e ou 5e année, ils sont des plateformes d’échanges, de coopération, de pensée et de production collective, de partage des questionnements, d’apports autour d’une problématique partagée, initiée par les enseignants en liaison avec leurs axes de recherche. Ce sont des lieux d’expérimentation et de recherche, de création contemporaine et d’innovation, d’invention des formes.
Le choix libre des ARC dessine le parcours personnel, singulier des étudiant·e·s.
Ces ateliers peuvent ponctuellement faire appel aux compétences d’artistes ou de personnalités extérieures.
Temps consacré aux ARC
Selon l’année d’enseignement et l’évolution progressive des projets personnels, le temps consacré à l’un ou l’autre des ateliers sera variable, ce qui aura une incidence sur les attentes de l’équipe pédagogique et le nombre de crédits affectés.
Par ailleurs les étudiants peuvent également suivre d’autres ARC en “auditeurs libres” avec l’accord des enseignants ; dans ce cas, il ne sont pas évalués mais leur participation est prise en compte lors des évaluation collégiales.
Semestre 5
- Choix de 2 ARC (12 crédits)
Semestre 6
- Prolongement de 2 ARC (4 crédits)
Semestre 7
- Choix de 2 ARC (12 crédits)
Semestre 8
- Prolongement de 2 ARC (12 crédits)
Semestre 9
- Choix d’1 ARC (10 crédits)
Radio Freneza vivo
Nicolas Barrié, David Bideau
Contenu
« Freneza Vivo » est un atelier de création de recherches plastiques vidéographiques et sonores. Il s’est enrichi des formes contemporaines du spectacle vivant durant des années en association avec le Théâtre de Lorient, Centre Dramatique National.
« Freneza Vivo » développe un espace d’expérimentations sonores et de réflexions pour une diffusion de ses créations en élaborant une radio en streaming.
« Freneza Vivo » envisage de traiter à sa façon des domaines comme le feuilleton, le documentaire, le direct, les bandes sons... Au fil de l’année, sa mise en fonctionnement va permettre de construire son identité sonore et visuelle.
ENQUÊTES, Nouvelles formes documentaires et pratiques de l’archive
Daniel Challe, Pierre Collin, Roman Seban
Année 3, 4 et 5, toutes options
De nombreux photographes et artistes visuels contemporains ambitionnent d’appréhender le réel non pas comme une donnée purement visuelle mais comme un ensemble de phénomènes qui nécessitent un patient exercice d’approche et d’observation. Leur démarche consiste en la mise en place de processus d’enquêtes, de relevés qui permettent d’approcher la complexité du monde.
Pour ces artistes, l’image isolée et l’approche esthétique ne suffisent plus. Ils puisent fréquemment dans l’archive, ou collectionnent eux-mêmes des données visuelles pré-existantes, des images qu’ils soumettent à une relecture par différents procédés (recadrage, agrandissement, ré-agencement) afin d’en offrir une nouvelle lecture.
Par le biais de divers dispositifs, ils associent images photographiques et film, textes et dessin, signes et enregistrements sonores pour amener le spectateur à un re-questionnement du réel.
Ces artistes proposent une approche renouvelée de l’art qui croise un travail de chercheur (sciences sociales et humaines, sciences dures par exemple) et un travail sensible. Les dispositifs qu’ils explorent (livres, sites Internet, installations, accrochages) brisent l’opposition traditionnelle entre expérience esthétique et observation scientifique.
Bibliographie :
- CHABERT Garance, dir., MOLE Aurélien, dir., Les Artistes iconographes, Ed. Empire, 2018.
- BATIA Suter, Parallel Encyclopedia, Roma Publication, 2007.
- WARBURG Aby, Mnemosyne, Berlin, Ed. Akademie Verlag, 2008.
- WARBURG Aby Moritz, L’Atlas mnémosyne, L’Ecarquillé, 2012.
- MALRAUX André, Le Musée imaginaire de la sculpture mondiale, La Galerie de la Pléiade, 1952.
- RICHTER Gerhard, Atlas, Lenbachhaus München, 1998.
- CASTRO Teresa, Les « Atlas photographiques » : un mécanisme de pensée commun à l’anthropologie et à l’histoire de l’art, actes du colloque, [en ligne], Musée du Quai Branly, 2009, disponible à l’adresse : http://actesbranly.revues.org/290
- FALGUIERES Patricia, Les Raisons du catalogue, In : Cahiers du Musée national d’art moderne, n° 56/57, 1996, p. 5-20.
- FELDMANN Hans Peter, 272 Pages, Éditions Helena Tatay, 2002.
- FELDMANN Hans Peter, Voyeur, Verlag der Buchhandlung Walther Köng, 2009.
- MEAUX Danièle, Enquêtes : nouvelles formes de photographie documentaire, Trézélan, Filigranes, 2019.
- MEAUX Danièle, Géo-photographies, une approche renouvelée des territoires, Trézélan, Filigranes, 2015.
Narratio & Recitatio & Pulp Fiction & Storytelling &…
Yannick Liron, avec la participation de Julie Morel
Semaines A
Contenu
C’est d’abord une variété prodigieuse de genres, eux-mêmes distribués entre des substances différentes, comme si toute matière était bonne à l’homme pour lui confier ses récits : le récit peut être supporté par le langage articulé, oral ou écrit, par l’image, fixe ou mobile, par le geste et par le mélange ordonné de toutes ces substances ; il est présent dans le mythe, la légende, la fable, le conte, la nouvelle, l’épopée, l’histoire, la tragédie, le drame, la comédie, la pantomime, le tableau peint (…), le vitrail, le cinéma, les comics, le fait divers, la conversation.
Roland Barthes, Poétique du récit, 1966.
Les arts visuels et la littérature pratiquent des récits mythologiques, ordinaires, mineurs, de soi, des limites, inspirés, parodiques, se confrontent à l’Histoire, travaillent son impossibilité, etc. L’atelier propose une pratique de lecture de textes et d’analyse de représentations et d’actions qui permettra de poser un regard informé et critique tant sur les conditions historiques d’émergence des notions de récit et de narration que sur les modalités contemporaines de leurs usages.
Le lecteur/regardeur sera amené à être l’auteur d’une histoire et de sa mise en formes.
Bibliographie :
- BARTHES Roland, Mythologies (1957), Le Seuil, Points-Essais, 1970.
- BLANCHOT Maurice, L’Espace littéraire (1955), Gallimard, Folio-essais, 2000.
- CERTEAU Michel de, L’invention du quotidien, 1, Arts de faire (1980), Gallimard, Folio-essais, 1990.
- HOCQUARD Emmanuel, VALERY Juliette, Le Commanditaire, poème, P.O.L., 1993.
- HOCQUARD Emmanuel, Ma haie, P.O.L., 2001.
- PACHET Pierre, Les Baromètres de l’âme, naissance du journal intime, Hatier littérature, Coll. Brèves, 1990.
- PEREC Georges, L’Infra-ordinaire, Le Seuil, 1989.
- HERRMANN Gauthier, dir., REYMOND Fabrice, dir., VALLOS Fabien, dir., Art Conceptuel, une entologie, Ed. Mix, 2008.
Images, espaces, récits
Guy Prévost
Années 3, 4 et 5
Objectifs
Recherches et développements des possibilités plastiques des récits.
Contenu :
À partir d’une thématique définie, cet ARC se déroule sous forme de séances-exercices proposant des sujets courts soutenus par des références théoriques spécifiques. Des recherches plastiques sont menées de manière ouverte et transversale, en explorant plusieurs approches, en combinant divers médiums, procédés, dispositifs.
Au début de chaque séance, un sujet proposé s’appuie sur une image, une reproduction de peinture, une séquence d’images fixes, une séquence filmique… Ce “matériel” commenté et partagé est mis à disposition comme amorce d’un travail individuel incitant l’étudiant à développer son imaginaire en l’articulant avec diverses pratiques plastiques (dessin, peinture, photo, vidéo, son, installation…).
Cette méthode sous-tend la possibilité de constituer des récits particuliers et inattendus, mis en relation avec l’appréhension et l’expérimentation des supports et des espaces (de fabrication, d’accrochage, de réception).
Les questionnements soulevés et les productions engagées permettent à l’étudiant de les déployer ultérieurement comme des réalisations singulières et autonomes, ou au sein de son propre projet personnel en les redéfinissant comme composantes ou appuis de sa propre démarche artistique.
Cet ARC est ouvert à un ensemble de 20 étudiants d’année 3 options art et communication, d’année 4 et d’année 5 option art des deux mentions. Il se déroule essentiellement au cours du semestre 5, peut se prolonger quelques semaines au semestre 6.
Ici et maintenant, le temps des autres.
Georges Peignard
Cet Arc se déroulera en trois séquences sur la journée du vendredi.
- 9h – 11h Années 3, 4, 5
Séminaire, abordant successivement des questionnements liés aux enjeux et aux représentations de l’altérité à travers l’Histoire et l’actualité. L’anthropologie nous servira d’outil pour déchiffrer les débats et les stratégies contemporaines traversant les lieux et les temporalités autres (les fantômes, les mémoires, le jouet, les figures et représentations de la guerre, les mises en scène de l’animalité, une histoire des zoos…)
- 11h – 12h Année 3
Méthodologie de la recherche (DNA)
- 14h – 17h Années 3, 4, 5
Développement collectif, exercices et accompagnement personnel des créations, en écho avec les enjeux proposés lors du séminaire.
Années 3, 4 et 5
« Un point de différence entre le touriste et l’anthropologue, c’est que le touriste fait des tours pour se distraire, pour se sentir lui-même dans les différents endroits. Alors que l’anthropologue doit faire le tour du monde pour s’explorer en profondeur, parcourir tous les états du monde moral.» Frédéric Keck
Nous partageons aujourd’hui le monde par l’ubiquité des informations et des savoirs. Cette accélération qui a remplacé les derniers blancs des cartes du début du XXe siècle par les dernières zones «sans connexion» du XXIe redistribue aujourd’hui les acquis et les dominations en fonction de la place ou du droit au mouvement dont nous disposons. L’image se fait alors aussi bien le vecteur des cultures dominantes que des replis identitaires ou des stratégies de résistances. Les historiens inscrivent aujourd’hui la mémoire de ces face-à-face et les définitions de leurs territoires en des dispositifs d’écriture originaux et renouvelés, jouant sur les deux optiques inversées, mais complémentaires, celle de la micro-histoire et de l’Histoire globale. Cette amplitude d’échelle est celle qui interroge la place de nos représentations. L’anthropologie peut nous donner cette lecture nécessaire, ce «regard éloigné», comme le nommait Claude Lévi-Strauss pour comprendre l’autre en notre part commune, dans la richesse des divergences et des possibles..
Espace scénique et marionnettes
« Celui qui écoute une histoire est dans la compagnie de celui qui raconte. » Walter Benjamin
Cet atelier Ici et maintenant fait suite au chapitre abordé l’an dernier qui s’intitulait Ici ou ailleurs. Deux distinctions posant la question des distances qui nous séparent, nous éloignent ou rendent présents les face-à-face et les corps-à-corps.
Cet espacement anodin en apparence détermine pourtant l’histoire de notre regard et de nos représentations des altérités.
L’espace de la scène rejoue depuis toujours cette question particulière de l’instant partagé, de cet ici et maintenant essentiel à son vocabulaire et à ses enjeux.
Un outil particulier, la marionnette, permet d’expérimenter cette étrangeté des présences, de l’objet au personnage, du mouvement au récit.
La marionnette par son histoire reste un laboratoire se plaçant au carrefour et faisant le lien entre de nombreuses formes de création : arts plastiques, théâtre, écriture, chorégraphie, performance et animation filmique.
La nature de ses moyens, espaces souvent modestes, allant jusqu’à la miniature, son lien aux objets animés ou aux effigies permet de développer des formes entre performances et installations filmées à des échelles et des moyens de production très souples.
Bibliographie :
- RONGIER Sébastien, Théorie des fantômes, pour une archéologie des images, Les belles lettres, 2016.
- AUDOIN ROUZEAU Stéphane, Les Armes et la chair, Armand Colin, 2009.
- FARGE Arlette, Quel bruit ferons-nous, entretiens, Les Prairies ordinaires, 2005.
- BOUCHERON P., HARTOG F., 2018, L’Histoire à venir, Anacharsis, 2018.
- ERULI Brunella, dir., Les mythes de la marionnette, L’entretemps, 2006, dans : Revue Puck n°14
- INGOLD Tim, Marcher avec les dragons, Zones sensibles, 2013.
- INGOLD Tim, Faire, anthropologie, archéologie, art et architecture, Dehors, 2017.
- FABIAN Johannes, Le Temps et les autres, comment l’anthropologie construit son objet, Anacharsis, 2006.
- CHAUVIER Eric, Anthropologie de l’ordinaire, une conversion du regard, Anacharsis, 2011.
- KHON Eduardo, Comment pensent les forêts. Vers une anthropologie au-delà de l’humain, Zones sensibles, 2017.
TABLES À DESSEINS (ou les tables de recherches…)
Christophe Desforges
La table de recherche est présente et souhaitée lors des diplômes, elle est un support possible des ressources qui contribuent à la recherche et bien au-delà de règles des diplômes. Elle rassemble des éléments parfois hétéroclites qui permettent de tisser des liens et de révéler les sources, les préambules qui fondent le socle des recherches. C’est là où il est possible de provoquer des rencontres parfois improbables issues des cultures, des imaginaires, des utopies que chacun.e s’approprie dans la construction de son projet. L’ARC propose de maintenir un état de curiosité et d’expérimentation, une sorte de laboratoire permanent pour tenter, produire et de s’installer dans un mouvement et une dynamique de travail. Le dessin avec toutes ses étendues et ses liens avec d’autres écritures en serait le maillage.
Pour la dimension collective, des rendez-vous sont prévus pour partager des documents, d’analyser leur contenu et débattre. Chacun.e ayant l’opportunité de présenter un sujet en s’appuyant sur une documentation. Cela donnera lieu à des propositions d’atelier autour de questions soulevées ainsi que des workshops en misant sur de possibles transversalités.
Le but serait ainsi de se projeter à partir de l’atelier vers d’autres horizons, de possibles dépaysements profitant des expériences menées également avec des intervenant.e.s issu.e.s non exclusivement des arts plastiques (théâtre, musique, littérature…) mais pouvant entretenir de réelles connivences avec les préoccupations au sein d’une école d’art…
Par ailleurs, il y aura des temps réguliers pour appréhender les tentatives de mise en espace, d’accrochage, de les expérimenter collectivement et d’imaginer des dispositifs proches de la mise en scène afin de contextualiser différemment les productions en s’inscrivant parfaitement dans le cadre de la mention Art et récit…
Bibliographie
- MONDZAIN Marie-Josée, Images (à suivre) : de la poursuite au cinéma et ailleurs, Bayard, 2011
- ARASSE Daniel, Anachroniques, Gallimard, Art et artistes, 2006.
- INGOLD Tim IngolD, Une brève histoire des lignes, Zones sensibles, 2011.
- INGOLD Tim Ingold, Faire, anthropologie, archéologie, art et architecture, Ed. Dehors, 2017.
- Comme le rêve le dessin, exposition, Paris, Musée du Louvre, 2005, sous la dir. de Philippe-Alain Michaud, E. du Centre Pompidou, 2005.
- Le plaisir au dessin, exposition, Lyon, Musée des Beaux-Arts, 2007-2008, sous la dir. de Jean-Luc Nancy, Hazan, 2007.
- Dieter Roth, Processing the world, exposition, Rennes, FRAC Bretagne, 2013-2014, sous la dir. de Marion Daniel, Les Presses du réel, 2014.
- BAILLY Jean-Christophe, Le Propre du langage, voyage au pays des noms communs, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 1997.
- ALFERI Pierre, Des Enfants et des monstres, Paris, P.O.L., Blanche, 2004.
- MACE Marielle, Nos cabanes, Verdier, La Petite Jaune, 2019.
- BAYARD Pierre, Comment parler des lieux où l’on n’a pas été, Ed. de Minuit, Paradoxe, 2012.
- LAUWERS Jan, La Chambre d’Isabella. Le Bazar du homard, Actes Sud, 2006.
- TIBERGHIEN Gilles A. Tiberghien, Finis Terrae, imaginaire et imaginations cartographiques, Bayard, Le Cabinet de curiosités, 2007.
- Futur Antérieur, rétrofuturisme, steampunk, archéomodernisme, exposition, Paris, Galerie du Jour Agnès B., 2012, sous la dir. de J. Fr. Sanz, Le Mot et le Reste, 2012.
Filmographie
- VARDA Agnès, Réal., Les plages d’Agnès [DVD], Arte France, 2008, 107 min.
Aux quatre coins et autres combinaisons...
Odile Landry
Objectifs et contenus
Aux quatre coins et autres combinaisons... Espaces choisis pour une occupation figée ou
mouvementée… Occupation d’objets de peu de réalité que seront les productions céramiques des étudiants.e.s sur ces territoires tel un bornage, un espace remembré, la présence d’une trame narrative ou d’un stratège… Tel pourrait-être un éphémère dispositif que de dessiner le carré de la nature....de loger sur l’estrade....
La réflexion et la mise en œuvre des propositions céramiques et de leurs dispositifs se feront au premier semestre avec une expérimentation de la mise en espace sur des territoires extérieurs et intérieurs, des enregistrements photos, vidéos, des installations ou des performances.
Bibliographie
- Laure Prouvost, Ring, sing and drink for trespassing, exposition, Paris, Palais de Tokyo, 2018, sous la dir. de Daria de Beauvais, Les presses du réel, 2018.
- JAVAULT Patrick, TRONCY Eric,... Didier Marcel, Les presses du réel, 2006.
- Sandy Skoglund, exposition, Genève, Galerie Guy Bärtschi, 2000, sous la dir. de Ph. Piquet.
- Gary Webb : mirage of loose change, exposition, Dijon, Le Consortium, 2005-2006, Les presses du réel, 2007.
- Eduardo T. Basualdo, Nervio,.exposition, Rochechouart, Musée dép. d’Art contemporain, 2013, sous la dir. d’Annabelle Ténèse, Analogues, 2013.
- ABEL Dominique, Réal., GORDON Fiona, Réal., ROMY Bruno, Réal., Rumba [DVD], Ed. Network, 2007.
L’Hôtel de Paris
Véfa Lucas
Axe de recherche proposée
L’atelier porte sur la création d’une base de données graphiques, techniques, historiques et iconographiques de la « présence typographique » sur les territoires de Lorient et Ploemeur. Lettrages peints, lettres gravées, sculptées en bas-relief… cet atelier propose le récolement de ce patrimoine si particulier à la ville de Lorient. L’analyse permettra de confronter, sans isoler, les « marquages » typographiques de la ville reconstruite après la seconde guerre mondiale et du développement contemporain de son urbanisme. Sans être exhaustif, au risque d’épuiser les regards, l’atelier ouvrira cette base de données aux formes typographiques les plus singulières, vernaculaires ou non, valorisant aussi la restitution des enquêtes « sensibles » sur « les mémoire(s) des lieux » ; les investigations seront menées par l’ensemble des étudiants du master Arts Visuels pour le journalisme et de l’option communication. Nous tenterons d’y associer les ressources des services de la ville de Lorient (Culture, dont les archives et l’animation de l’architecture et du patrimoine, Urbanisme, ...).
Moyen
Création de fiche administrative et scientifique détaillée pour chaque typographie. Production d’un corpus iconographique dédié. Conception graphique de la documentation numérique présentant et valorisant la base de données. Exposition présentant cette documentation permettant la visibilité des travaux de recherche.
Évaluation :
L’engagement/La pertinence de la réflexion/La qualité des réalisations/L’assiduité
Dispositif
Julie Morel
Années 4 et 5
Contenu
Toute œuvre d’art est ou fait appel à un dispositif. La racine du mot dispositif vient de « préparer », « envisager », et disposer veut dire choisir. À en croire la terminologie de ces mots, on pourrait être optimiste sur ce qu’est un dispositif et sa partie prenante dans la création.
À la lecture de Michel Foucault et de Giorgio Agamben, on s’aperçoit vite qu’un dispositif n’est pas aussi réjouissant que l’on pourrait le croire :
« J’appelle dispositif tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer, d’intercepter, de modeler, de contrôler et d’assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants.
Pas seulement les prisons donc, les asiles, le panoptikon, les écoles, la confession, les usines, les disciplines, les mesures juridiques, dont l’articulation avec le pouvoir est en un sens évidente, mais aussi, le stylo, l’écriture, la littérature, la philosophie, l’agriculture, la cigarette, la navigation, les ordinateurs, les téléphones portables et pourquoi pas, le langage lui-même, peut-être le plus ancien dispositif […] ».
Giorgio Agamben, Qu’est-ce qu’un dispositif ?
Au-delà de toute contingence morale, ce qui ressort et qui peut être intéressant comme terrain de jeu et de questionnement pour un étudiant en art, est le fait d’envisager la question du dispositif sous l’angle du rapport de force et, par extension, l’exposition comme un rapport de forces, ou comme un mode relationnel.
L’étudiant aura à charge de subjectiver cette question, par des recherches plastiques ou théoriques : il devra, en évitant une approche binaire, s’attacher à identifier ce qu’est un rapport de force dans le contexte de l’art.
Il lui faudra se demander : entre qui ? quoi ? dans quel but ? sous quelle forme ? et comment composer avec un processus qui sans cesse se joue de nous ?… car il faut bien aussi poser cette évidence : nous ne sommes pas dans la maîtrise du dispositif. Lui aussi nous met à l’épreuve, au moment même où nous le mettons en place.
Cette année, cet atelier tente d’interroger la norme de présentation et de critique d’un travail d’étudiants, en prenant appui sur des actions de présentations : lectures, démos et conférences performées, manipulations d’objets, mises en espace et dispositifs à utiliser.
Une des entrées de cet atelier est donc l’outil ou les outils (à ne pas confondre avec médium), et leur manipulation comme déclencheur de la formalisation et l’autonomie d’une pensée, au même titre que l’énoncé. Dans les écoles d’art, ils sont des révélateurs importants de nos pratiques, intentions et réalisations.
Parallèles
Georges Peignard
Années 4 et 5
Cet ARC propose des modalités de travail invitant les étudiants à se rapprocher d’une structure universitaire, au sein de laquelle ils seront en situation de partager des « parallèles » sur la notion de recherche, et de prolonger une forme de partenariat activant tout au long de l’année le contenu et les imaginaires de leur propre recherche personnelle en art.
À travers la diversité des études universitaires proposées sur le territoire lorientais, des contacts particuliers seront établis auprès des différentes structures. Rencontres qui permettront d’évaluer la possibilité d’échanges, à échelle individuelle, pour les étudiants souhaitant travailler dans ce cadre de dialogues transversaux avec des laboratoires de recherche (Sciences, Histoire, Littérature, technologies particulières, etc…)
Cet entrecroisement des parcours offrira aussi concrètement aux étudiants l’opportunité d’opérer des comparaisons et des relais vers des approches et des méthodes de recherche autres : comment s’élabore un sujet en sociologie, comment se relance une recherche bloquée si l’on se trouve en histoire, comment s’extrapole une proposition en science….
Ce dialogue, pour un artiste plasticien, fait pleinement écho, dans l’espace de la création contemporaine, aux formes transversales souvent attendues de projets de recherche, de résidences et d’expositions (art et science, art et géographie, etc….)
Modalités :
- En début d’année 4 chaque étudiant se propose un champ de recherche, ou pour le dire plus simplement un imaginaire.
Celui-ci sera mis en lien, après un travail d’approfondissement des questionnements, avec une structure universitaire d’accueil possible.
- Un premier moment de reconnaissance des savoirs dans leurs diversités et leurs possibilités se fera en début d’année par la visite de la bibliothèque universitaire (moment suivi par Françoise Blanchard dans le cadre de la recherche en bibliothèque).
- Avant toute démarche, chaque proposition sera évaluée sur sa cohérence et sa faisabilité.
- Un contact sera établi avec la structure identifiée. Ensuite une rencontre entre enseignants, l’étudiant et les responsables universitaires permettront de fixer la nature et les possibilités des échanges souhaités et leur cadre.
- Il sera aussi envisagé, de façon complémentaire à cet échange l’idée d’un « partenariat » entre étudiants, ceux de notre école et ceux des établissements choisis, cela pouvant créer d’étudiant à étudiant, à échelle individuelle et particulière, un dialogue plus pragmatique, sur des temporalités plus souples, des collaborations pouvant se prolonger et se développer entre elles.
- Les restitutions de ces rencontres, au-delà du bénéfice évident pour le travail lui-même des étudiants, serviront aussi à enrichir les contenus des mémoires par les savoirs et informations rapportées.
Le but espéré de cette démarche étant d’offrir un marqueur différent aux étudiants arrivants en année 4, en Master; les aidant à la fois à trouver des questionnements renouvelés après le DNA et en s’inscrivant dans des perspectives plus ouvertes et aussi plus exigeantes de ce que peut, doit composer une recherche en année 4 et 5.
Atelier céramique, 2019
Workshop cartographie, années 2 et 3 option Communication